L’entre-deux

Un film de Chris Pellerin

Sept ans en exil à Bruxelles

Trois mille trois cent trente kilomètres de Yerevan

Mille cent treize dialyses

Pourquoi rester en vie quand elle peine à faire sens ?

Une existence faite de subsistances quotidiennes,
d'attentes interminables et d'un avenir rêvé qui ne vient jamais.

CatégorieDocumentaire expérimental
LangueFrançais
ProductionStenola Productions
En développement
 
Documentaire
     
Couleurs, 52 min.
     
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"Lors de mes repérages, débutés en juillet 2016, j'ai pu m’immerger au sein de ce service de dialyse de l’hôpital Brugmann. La parole de ces patients et soignants, qui subissent chacun à leur manière la rigidité actuelle des politiques migratoires, résonne comme un écho à ce que traverse la société européenne qui semble ébranlée dans ses valeurs « communes » de solidarité et de partage.

La réalité des patients se caractérise par une situation inextricable : rester en vie au prix d'être séparé de leur femme, de leur mari, de leurs enfants depuis de nombreuses années. Certains bientôt seront, sans domicile fixe. Ils demeurent ici car ils veulent vivre. Tous ont en commun de venir d’un pays où la survie, même sans maladie, se joue au quotidien : Arménie, Albanie, Ghana, Roumanie, Slovénie, Bulgarie, Soudan, Kosovo, Guinée, Congo, Mali, Burkina Faso, Kurdistan, Grèce, Pakistan, Tchad, Somalie, Angola, Angola, Erythrée...
Tous ont vu la mort d’autres dialysés pour cause des traitements inadéquats dans leurs pays d’origine.

Ils ont du mal à se livrer et sont en situation de grande précarité et de détresse parce qu’à tout moment, ils peuvent se voire signifier une reconduite aux frontières. A l’intérieur de ce service de dialyse se répercutent les conséquences de la politique actuelle face aux flux migratoires.

Ces patients ne se sentent plus considérés comme des êtres humains, dignes de rester en vie. Ils sont ballotés entre deux états, entre deux systèmes qui n'assument pas la responsabilité de les condamner à mort. D’une part, leur pays d'origine, qui n'admet pas la mortalité des patients dialysés à court terme. Et l'Etat belge, par l’intermédiaire des les médecins de l'Office des étrangers, qui enquête et met en doute la véracité du dysfonctionnement du système de santé des pays d'où les demandeurs d'asile sont issus."

Chris Pellerin

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